Zorra

Zorra est une plateforme transféministe intersectionnelle qui donne la parole aux personnes (excepté les hommes cisgenres) actives dans le milieu de la culture (technicien.ne.s, académicien.ne.s, artistes, etc.) qui ont été victimes de violences et/ou de discriminations inscrites dans ce même contexte. Durant ces témoignages, les interviewé.e.s partageront les outils qu’iels ont développés pour se protéger et/ou se défendre. Des expert.e.s seront appelé.e.s à s’exprimer sur ces témoignages et selon l’angle de leur spécialité (psychologie, sociologie, langage, juridique, etc.).
Zorra permet dès lors de créer une source riche et diverse d’outils face aux discriminations et aux violences, bâtissant ainsi une bibliothèque en ligne accessible à tou.te.s, s’enrichissant à chaque témoignage. Ces derniers permettront alors aux publics de s’identifier, d’apprendre à se défendre et d’entamer un processus de guérison.



Format

Les interviews seront diffusées sous forme de vidéos courtes accessibles via Instagram et YouTube, afin d’atteindre les publics cibles prioritaires de Zorra tout en demeurant accessibles à tou.te.s. Aussi, elles seront sous-titrées en anglais et en français dans le but de les rendre accessibles aux personnes sourdes et malentendant.e.s francophones et anglophones, et également afin d’accentuer l’aspect international du projet Zorra.
Progressivement, la bibliothèque Zorra constituera un réseau d’interviewé.e.s et d’expert.e.s permettant de faire évoluer le projet vers des actions de terrain, telles que des formations ou encore des études sociologiques en collaboration avec les expert.e.s du réseau Zorra.



Objectifs

Visibiliser
Visibiliser les personnes actives dans le milieu de la culture.
Dénoncer
Nommer et dénoncer les violences et les discriminations présentes dans le milieu culturel.
Partager
Partager des outils de défense, d’empowerment et/ou de guérison.



Genèse

L’origine de Zorra résulte du besoin et de l’urgence, ressentis par ses créateur.ice.s, de mettre en lumière des épisodes de violence et de discrimination prenant souvent place dans le milieu culturel et de montrer des voies d’émancipation possibles. À travers Zorra, les cofondateur.ice.s dénoncent aussi leur vécu en traitant le sujet comme étant une problématique collective et systémique, et non pas personnelle ou isolée.
En espagnol, Zorra signifie la renarde et plus vulgairement la “putain”. C’est une insulte qui s’adresse uniquement aux femmes à contrario de Zorro qui définit l’homme rusé ou qui renvoie à l’image du héros masculin. En adoptant le nom Zorra pour ce projet, notre intention est de revendiquer le sens d'origine d'un mot qui s'est transformé en insulte sexiste. Nous voulons ainsi que le mot reprenne sa signification première et symbolise l’émancipation.



Note d’intention

En créant un espace de partage d’expériences, nous rejoignons le mouvement de libération de la parole transféministe intersectionnelle sous une perspective complémentaire et tout aussi essentielle. En effet, notre travail s’inscrit dans une époque où les voix féministes s’émancipent au sein des milieux culturels, académiques et médiatiques. Dans ce contexte, Zorra propose, à travers sa bibliothèque, des solutions concrètes afin de prendre part à la lutte avec un regard optimiste.

Zorra est née dans un contexte pandémique qui nous a permis de prendre conscience de la fragilité des systèmes établis. Notre projet a ainsi été pensé et développé pour s’adapter aux différentes situations de notre époque.

Au-delà de son aspect digital, accessible à tou.te.s, Zorra vise à créer du contenu grâce aux outils technologiques démocratisés : Zorra alterne entre tournages en studio et vidéos enregistrées par les interviewé.e.s à l’aide de leurs téléphones portables. Les moyens choisis pour la création du contenu de la bibliothèque Zorra permettent ainsi de s’adapter aux diverses situations afin d’atteindre sans entraves nos interviewé.e.s.

À travers nos expériences personnelles et professionnelles, nous avons pris conscience que les problématiques évoquées par le projet touchent toutes les régions du monde et ce peu importe le statut que nous avons dans le milieu culturel.

Nous constatons que les mouvements de prise de conscience et les luttes sociales sont visibles à l’échelle internationale (notamment grâce à Internet) amplifiant, dès lors, leur impact. Pour cette raison, il nous a paru impensable d’isoler Zorra et de ne l’inscrire que dans une seule région du monde. Nous devions considérer toute sa dimension universelle adaptée aux mouvements féministes actuels.

Équipe