STRESS VICARIANT

 
 

Informations pratiques


Quoi ? L’ASBL FEMMESProd et le Collectif OXO s’associent avec Frederique Bribosia du CERSO (Centre de ressources pour le social), superviseuse experte en analyse de genre et en travail social, afin de proposer une série de 6 séances de supervisions. Grâce au soutien de la Fédération Wallonie Bruxelles, ces dernières seront gratuites.

Pour qui ? Pour des travailleur.euse.s sociaux.ales et des intervenant.e.s artistiques qui sont en contact direct avec des personnes victimes de violences à travers leur travail d’accompagnement ou leur pratique artistique.

Pourquoi ? L’objectif de ces supervisions, au moyen d'une prise de recul sur sa pratique de travail, est la prévention du « stress vicariant » - expliqué ci-après.

Comment & quand ? 6 séances de 3 heures sont programmées, à la fréquence d’une séance par mois. La première aura lieu le mercredi 27 avril de 17h30 à 20h30 à Etterbeek (See U). Les dates des séances suivantes seront déterminées en fonction des disponibilités des participant.e.s. Si vous avez des besoins spécifiques, tels que l'accessibilité (cf‧ situation de handicap), l’organisation d’une crèche ou l’aménagement d’un espace pour enfant si besoin, n'hésitez pas à nous en parler afin que nous puissions organiser les modalités pratiques d’accueil. Les séances se feront en présentiel, tout en tenant compte des normes sanitaires en vigueur. Le groupe sera composé de 5 à 8 personnes. Il est demandé aux participant.e.s de s’engager à venir à toutes les sessions afin de garantir la qualité et la continuité du travail, tout en créant un lien de confiance au sein du groupe.

Inscription obligatoire par mail : [email protected] ou [email protected]


Le stress vicariant, quesako?


Travailler, être en contact, accompagner et écouter de manière régulière des personnes qui ont été victimes de violence peut représenter une lourde charge émotionnelle pour l'intervenant.e.

Le concept de « trauma vicariant » - ou encore appelé : « trauma par procuration » « stress traumatique secondaire » ou encore de « fatigue de compassion » - est un processus de modification profonde de l'identité-même des intervenant•es psychosociaux.ales qui sont en contact régulier avec des personnes psychotraumatisées. Témoin du traumatisme de ses bénéficiaires, l'intervenant.e qui souffre d'un trauma vicariant voit alors tout son cadre se modifier, sans toujours se rendre bien compte des raisons : son identité, sa vision du monde, ses ressources, son estime de soi. A travers les histoires tragiques qu'elle/il entend régulièrement; elle/il intègre de nouvelles réalité; elle/il peut avoir du mal à garder un sentiment d'espoir, garder une estime d'elle/de lui positive ou encore peut de plus en plus difficilement prendre soin de d'elle/de lui.

Par ailleurs, c'est le système sensoriel de l'intervenant.e qui peut être touché.e par cette identification profonde envers l'autre et celle-ci/celui-ci peut alors présenter des cauchemars, des douleurs, des flash-back, tout comme sa/son bénéficiaire. L'empathie peut alors se révéler être une arme à double tranchant.

La capacité de se mettre à la place des bénéficiaires, à ressentir profondément ce qu'elles/ils ressentent fait partie du suivi et de l'accompagnement social/artistique. Tout comme pour le burn out, cette empathie peut être source de trauma vicariant, l'accompagnateur.trice se trouvant submergé.e et envahi.e par la violence des émotions empathiques.
En effet, le stress vicariant peut notamment s'expliquer par le fonctionnement des neurones miroirs. La souffrance des personnes avec qui l'intervenant.e.s est en contact est « contagieuse ». Les traumatismes des personnes suivies viennent alors progressivement modifier l'état psychologique, émotionnel, physiologique et comportemental de l'aidant.e.

Et les intervenant.es artistiques dans tout ça ? Les projets artistiques avec des personnes psycho-traumatisées permettent à la fois de générer un lien de confiance puissant et de ce fait, laissent également souvent une opportunité pour ce public de partager et déposer leurs récits de vie, parfois extrêmement tragiques. Si la participation à des projets artistiques peut permettre à ces bénéficiaires de souffler, d'exprimer ce qui est de l'ordre de l'indicible « autrement », ces récits et émotions ne sont pas sans effets sur les intervenant.e.s. A force et en fonction du degré d'exposition, celles et ceux-ci risquent également de développer ce qu'on appelle un « stress vicariant ». C'est la raison pour laquelle ces séances de supervision leur sont également proposées.

Dans cet ordre d'idée, l'absence de formation solide et de supervision constitue également un facteur de risque. Nous avons décidé de privilégier les personnes qui ne sont pas liées à une structure pouvant les accompagner ou leur offrir des possibilités d’intervision en interne ou de supervision en externe. Outre les séances de supervisions, FEMMESProd, le Collectif OXO et Frédérique Bribosia apporteront des éléments de compréhension de cette problématique particulière, ainsi que des stratégies pour tenter d’apaiser ces situations complexes.

Intéressé.e.s ? Si vous souhaitez obtenir plus d’informations et/ou vous inscrire, n’hésitez pas à nous contacter aux adresses suivantes : [email protected] ou [email protected]